Par : Martin Cloutier

Cet article est basé sur le livre numérique de Hogan, « A Safer Personality », disponible
Quelques mots de Martin Cloutier
Depuis plus de vingt ans, je m’intéresse à l’être humain au travail. Je cherche à mieux comprendre pourquoi il adopte certains comportements, contrevient aux règles et obtient des résultats différents dans des rôles similaires. Je m’intéresse également aux raisons qui sous-tendent des indicateurs de performance variables entre des organisations comparables.
Une des explications réside dans la spécificité des individus. Les organisations consacrent d’importantes ressources à la standardisation du travail, mais cette approche s’avère incomplète dans plusieurs contextes. C’est particulièrement vrai en santé et sécurité au travail où la formation, les équipements et les protocoles sont essentiels, mais ne suffisent pas à prévenir les écarts ni les incidents.
Il est donc crucial d’identifier, de comprendre et d’anticiper les comportements à risque. Parmi nos solutions d’évaluation, notre partenaire Hogan propose un outil rigoureux, déjà utilisé par plusieurs de nos clients du secteur manufacturier. L’article qui suit présente le rôle du facteur humain en santé et sécurité du travail ainsi que l’apport de l’évaluation de la personnalité pour soutenir la prévention. Notre client ABB, leader technologique mondial dans les secteurs de l’électrification et de l’automatisation, y partage également son expérience avec le test Hogan.
Bonne lecture!
Livre numérique de Hogan : une perspective particulièrement actuelle
En matière de santé et de sécurité au travail, la formation, l’équipement et les protocoles sont souvent les premiers leviers évoqués. Leur efficacité ne fait aucun doute, mais l’approche « SafeSystem » de Hogan met en évidence un autre aspect crucial : l’humain.
Un environnement de travail sécuritaire ne dépend pas seulement des systèmes. Il consiste aussi à comprendre comment les individus réagissent sous pression, interprètent les règles et maintiennent leur attention. Puisque des accidents imputables à l’humain continuent de se produire malgré les formations, l’évaluation de la personnalité constitue un élément clé des programmes de prévention
Cette perspective est particulièrement actuelle dans le cadre de la Semaine de la santé et de la sécurité au travail.
Quand les comportements influencent les résultats
La catastrophe de Tchernobyl a été associée à un non-respect des procédures de sécurité. À l’inverse, l’amerrissage d’urgence sur la rivière Hudson du vol US Airways 1549 a montré comment le sang-froid et l’expérience ont permis de sauver l’ensemble des personnes à bord. L’effondrement d’une grue de construction à Manhattan a mis en cause des comportements imprudents et des lacunes dans les inspections.
Ces exemples rappellent que, dans certaines situations, les comportements peuvent tout changer.
Une culture de sécurité qui dépasse les systèmes
L’approche Hogan invite les organisations à porter attention aux personnes, et pas uniquement aux processus. Même avec des systèmes solides, le facteur humain peut être sous-estimé, d’où l’importance d’intégrer la sécurité au quotidien plutôt que de la traiter comme un enjeu distinct. Hogan souligne par ailleurs que les coûts des accidents du travail demeurent élevés, ce qui témoigne des limites des approches systèmes, encore trop peu centrées sur les comportements.
Trois leviers pour renforcer la sécurité
Le développement d’un environnement de travail sécuritaire repose sur trois leviers complémentaires :
- La personnalité des individus
- Une culture d'engagement autour de la sécurité
- Le rôle du leadership
La personnalité permet d’anticiper certains comportements à risque. Une culture d’engagement favorise la compréhension des enjeux vécus sur le terrain. Le leadership, quant à lui, assure l’intégration de la sécurité dans les pratiques de gestion, d’accompagnement et de développement.
Une approche centrée sur la personnalité
C’est dans ce contexte que Hogan propose son Rapport Sécurité, fondé sur une évaluation des comportements à risque. Issu de quatre décennies de recherche, cet outil vise à enrichir les démarches existantes par une lecture plus fine des comportements.
« Les évaluations Sécurité de Hogan nous ont permis d’enrichir nos décisions de recrutement en intégrant une perspective comportementale, ce qui favorise l’embauche de talents alignés avec notre culture, fondée notamment sur des valeurs d’intégrité et de sécurité. »
Katie Bessette, CRHA
Vice-Présidente RH ELIP Canada & Responsable RH Canada, ABB
Six axes liés aux comportements à risque
Le Rapport Sécurité identifie six axes susceptibles d’influencer la sécurité au travail :
- Insubordonné – Discipliné
- Alarmiste – Solide
- Irritable – Posé
- Distrait – Vigilant
- Irréfléchi – Prudent
- Arrogant – Désireux d’apprendre
Ces pôles permettent de mieux comprendre certaines tendances comportementales, comme la propension à ignorer des règles, à perdre sa concentration ou à prendre des risques. Ils peuvent également repérer des profils plus stables, attentifs et ouverts à l’apprentissage.
Une responsabilité partagée
La sécurité est une responsabilité collective qui se décline à tous les niveaux :
- Les organisations doivent établir des attentes claires et les communiquer de façon cohérente;
- Les gestionnaires doivent reconnaître les situations à risque et intervenir adéquatement;
- Les individus doivent comprendre l’impact de leurs comportements et ajuster leurs pratiques.
Une vision plus complète de la prévention
Le message est simple : les approches processus demeurent essentielles, mais leur portée s'accroît lorsqu’elles intègrent une meilleure compréhension des comportements.
Pour les organisations, cela ouvre la voie à une approche plus globale de la prévention, à la croisée des systèmes, du leadership et des dynamiques humaines.
Source
Livre numérique de Hogan « A Safer Personality », disponible uniquement en anglais.